Je suis le genre de fille à rire de tout.
Il y a des gens qui ne rient jamais, la vie est un truc bien trop sérieux.

Et puis rire, pourquoi faire ? Est-ce que la vie est si drôle que ça après tout ? Quand on voit ce qui nous entoure…
La Covid, les patients en réa, les infirmières au bord du gouffre, les enfants privés de savoir…et quel avenir on leur prépare ? Ne plus pouvoir se toucher, est-ce si drôle ?
La planète qui succombe, les arbres qu’on arrache, les hectares qui brûlent… Le climat qui se dérègle, les ours polaires bientôt en exil de leur banquise.

Y’a pas de quoi rire, Madame !
Et pourtant si. Les occasions ne manquent pas !
Le monde est tellement incongru, dysfonctionnant et absurde qu’il suscite toujours un étonnement. Le décalage entre ce qui devrait être et ce qui est vraiment est au commencement du rire.
Franchement, depuis que le monde est monde, que l’homme progresse (ah, ah ! rien que cette phrase me fait rire !), on aurait dû apprendre, on aurait dû comprendre, on devrait savoir.
Mais rien.

Tout cela est d’une telle absurdité qu’il vaut mieux en rire !
Je suis le genre de fille à rire de tout parce que rire, c’est déjà être dans la distance, le retrait, l’observation. Un peu moins prisonnier du réel.
Le rire est un espace de liberté. Comme une porte ou une fenêtre qu’on ouvre sur un air plus léger ou un coin de ciel bleu.
Je suis le genre de fille à rire de tout parce que le rire est thérapeutique.
Le Gai-Rire, n’est-ce pas ?
En riant, je manifeste mon étonnement, mon incompréhension, je me libère d’une tension, d’une contradiction. Je m’apaise. L’éclat de rire, c’est comme l’éclair qui annonce l’orage libérateur dans une atmosphère empreinte de lourdeur.
Je suis le genre de fille à rire de tout parce que le rire est Joie, parce que le rire est contagieux, parce que le rire nous relie. Le rire vient nous dire que rien n’est tout à fait grave, que rien n’est jamais vraiment à prendre au sérieux. Sauf le Rire peut-être.

Véronique, ERC les Rubans de la vie