Dortoir en mezzanine

J’habitais l’une de ces banlieues dortoirs,

Où suinte l’ennui quand vient le soir,

La violence et l’absence de culture le midi,

Si proche, et pourtant si loin de Paris,

Les journées se déroulaient comme dans un mauvais rêve,

Mon esprit en veille, j’obtenais ma moyenne au collège,

Comme un chien qui lève mollement la patte pour une croquette,

 

Des mini-kaïds aux consonances arabiques et sacrilèges,

Jusqu’à la vulgarité des conversations sans quête ni enquête,

Les jours passaient, inlassablement, difficilement, sans trêve,

 

Heureusement, il y avait l’après dîner,

Pour la forme, un peu de télé,

Puis je prenais le dernier Poudlard Express,

Engouffré, essoufflé dans mon lit en mezzanine,

Suspendu au vouloir de l’auteur, j’en suivais la mine,

Dans le dédale des aventures d’ Harry et de Ron,

Pour connaître la suite, sûr, j’étais toujours pressé,

Des pages alors, j’en avalais des tonnes.